La Thérapie


La Thérapie de couple

Quand un couple en souffrance décide de consulter, il est souvent persuadé que cette rencontre avec des thérapeutes le confortera dans l'idée qu'il a individuellement raison et qu'aucune issue collective n'est possible à moins « d'un sacrifice » de la part de chacune des parties.

Chaque couple est unique, et chaque composante de ce couple est elle-même unique. La thérapeutique s'adapte à leurs vécus, à leurs inhibitions, à leurs désirs et à leurs peurs individuelles qui rejaillissent sur la vie commune. La confrontation conflictuelle du couple, si elle est personnelle dans un premier temps, devient ensuite impersonnelle, et les renvoie face à eux-mêmes.

Quand le couple comprend qu'il y est composé de deux personnalités, il comprend aussi qu'il est en présence d'une nouvelle entité.

Par rapport à une thérapie individuelle qui évalue les enchainements de comportements individuels, une thérapie de couple évalue les séquences d'interaction, les différentes phases dans la relation, ainsi qu'un accent mis sur les caractéristiques de la relation de couple et du système dans lequel la relation évolue.

Il s'agit de mettre le doigt sur l'enchaînement des événements qui provoquent des comportements problématiques et qui conduisent à des situations pénibles plutôt que sur des déficits individuels. Ce qui permet aux deux partenaires de s'impliquer dans un processus de changement en mettant le doigt sur leur responsabilité respective face au changement. Et ainsi chaque conjoint n'est pas obligé d'attendre que l'autre change avant de se décider lui-même à modifier son comportement.
Théoriquement, dans une séquence d'interaction, si l'un change sa façon d'agir, s'ensuit une modification rapide des événements et parfois même de l'élimination du conflit.




L'analyse des événements antérieurs permet souvent d'élaborer des hypothèses intéressantes :

Les attentes et les attitudes actuelles en rapport avec la relation du couple, lesquels peuvent provenir ou trouver leur origine dans les modèles parentaux de chacun des conjoints et de l'éducation reçue par chacun. Les façons habituelles de résoudre les conflits et les problèmes.

Recherche des événements qui donnaient des relations plus satisfaisantes, plus attrayantes à ses débuts.

Rechercher si la relation s'est établie sur la base d'un renforcement mutuel ou pour fuir un contrôle parental ou de solitude…
L'analyse de ces événements antérieurs permet d'augmenter la motivation à changer et diminue les sentiments de culpabilité de l'un envers l'autre ou envers soi-même.
Quoiqu'il en soit, il semble que le fait de clarifier, dès le début de la thérapie, les rôles et les responsabilités de chacun, facilitent le processus de la thérapie.


Plusieurs de ces thèmes permettent de prendre conscience de l'importance de consulter pour mieux communiquer :

  • Comprendre ce qui se passe entre mari et femme.
  • Rester ensemble pour épargner les enfants.
  • L'éducation des enfants est parfois à l'origine de leurs incompréhensions.
  • Obligation de réussite sociale, au dépend de l'autre.
  • Communication coupée. (lors d'une crise conjugale, il n'y a jamais un bourreau et une victime, mais deux acteurs)
  • On n'est plus fier d'appartenir à ce couple ?
Robert Neuburger thérapeute familial pose quelques questions simples :

  • L'aimez-vous toujours ?
  • Aimez-vous votre couple ?
  • Comment communiquez-vous ?
  • Pourquoi rester un couple ?
  • Quelle intimité partagez-vous ?
  • Votre couple est-il normal ?
  • Votre couple peut-il évoluer ?



La thérapie familiale systémique

Echec scolaire, dépression, phobies, comportements alimentaires anarchiques, repli sur soi, adolescence, deuil, tentative de suicide, délinquance, conduites addictives…

Les difficultés des enfants signalent une souffrance qui pourrait bien être celle de la famille. Ces troubles ne sont plus interprétés comme le signe d'une problématique individuelle mais plutôt envisagés comme symptôme révélateur de relations dysfonctionnelles impliquant les parents et la fratrie (frères et sœurs). Ces crises résonnent avec le processus d'autonomisation et d'individuation et signalent une souffrance de l'adolescent en relation étroite avec ses parents et la fratrie.

Le but de la thérapie familiale est d'apporter une lecture différente du problème et de redonner à la famille ses capacités de fonctionnement.

J'utilise la théorie systémique qui décode les interactions verbales et émotionnelles, par des jeux de rôle et un travail de communication. Son but est de repérer les non-dits, les fausses croyances, la peur du changement et de redonner au groupe ses capacités de fonctionnement, ce qui est souvent un signe d'une amélioration.

La notion de système a été empruntée aux théories cybernétiques, et particulièrement celles, dites « circulaires », de la communication. On s'adressera toujours à la famille entière, et cela nécessite l'accord de tous les participants. Chacun des membres s'exprime avec les thérapeutes afin d'expliquer sa place au sein de la famille. La thérapie familiale met en évidence le fait qu'il n'y a pas de fou dans une famille, mais que c'est la relation qui est folle.

Tous les membres sont actifs, même quand ils freinent le changement. La personne n'est pas le seul élément analysé dans la démarche, j'accorde une importance aux différents systèmes dont la famille fait partie (familial, professionnel, social…), je m'intéresse aux règles de vie, à l'histoire de la famille car elle agit sur l'individu.
Cet individu transporte avec lui des valeurs, des émotions et des comportements véhiculés par la famille et ceci depuis plusieurs générations. Cette analyse permettra de tenir compte également des loyautés, des mythes, des secrets et des cycles de la vie du système :

  • la formation du couple
  • la naissance des enfants
  • la période de l'adolescence
  • le départ des enfants
  • le vieillissement
  • le deuil des grands-parents…
Chaque nouvelle étape demande des changements au sein des relations entre les membres. Des réajustements doivent être faits. Certains systèmes plus rigides vivent ces périodes de transition difficilement et ne trouvent pas de réponses adéquates face à l'exigence des changements.

C'est souvent à ce moment que des symptômes peuvent apparaître chez l'un des membres de la famille.

Et l'approche systémique part de l'idée que chaque chose, chaque être, chaque événement n'est nullement isolé, et entretient, au contraire, d'étroites relations avec les autres choses, êtres ou événements.

Quand le système est malade, il doit être traité. Il va falloir découvrir le comment du fonctionnement de la communication au sein du groupe familial.

La thérapie systémique vise à révéler les règles du jeu en vigueur dans la famille, puis à les remplacer par d'autres moins pathogènes.
La famille est un système autorégulé, gouvernable au moyen de règles. Par de nombreuses suites d'essais et d'erreurs correctifs, le système finit par devenir une sorte d'unité très originale, à l'intérieur de laquelle les règles de transaction sont tout à fait particulières au groupe traité.

Le problème souvent, c'est que, tout le système s'applique, avec l'énergie du désespoir, à maintenir ces règles, il faut les identifier et les changer. Un tel changement est difficile à réaliser car la conservation de ces règles est souvent liée aux relations pathologiques du groupe qui est bloqué dans la répétition des mêmes comportements, fermé sur lui-même.

La systémie permet à chaque membre du groupe de prendre une certaine distance vis-à-vis du système, afin de parvenir à un assouplissement.

En thérapie systémique, il n'y a pas de cause, de responsable, de bouc émissaire. Personne ne détient le pouvoir. Le pouvoir est seulement dans les règles du jeu.